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"L’air de la ville rend libre" ; je me saisis d’une
maxime germanique qui, bien qu’âgée de plus de cinq
siècles, se livre encore à de nouvelles interprétations.
Si cette formule ne saurait être un postulat, peut-on
du moins l’adopter comme un credo, auquel le projet
pourrait adhérer. À l’heure où une migration urbaine
sans précédent a conduit plus de la moitié de la population
mondiale à vivre dans des villes qui se construisent
au gré des opportunités du marché, on est en
droit de se demander comment cette volonté de transformation
chargée de valeurs non marchandes qu’on
appelle le projet architectural peut négocier son action
sur un territoire qui se présente comme une monnaie
politique, économique et culturelle. La ville se réduitelle
à un constat démographique et économique, ou
peut-on voir dans la nécessaire proximité des édifices,
des espaces et des usages, la possibilité d’une amitié,
l’occasion d’un projet de territoire qui arrache l’édifice
de son individualité ?